Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 00:52

 

16 juillet 2011

 

Amis utopistes et amis ayant perdu l’utopisme de votre jeunesse ou de vos contes de fée, je vous annonce aujourd’hui qu’un autre monde est possible (hum, nous l’aurait on déjà dit ??). Je viens à vous en tant que grande prêtresse prêcher la bonne nouvelle.

NON, NON, Marx n’est pas mort. NON, NON les hippies n’ont pas disparus avec les années 80 et NON NON, le socialisme/communisme n’a pas été enterré aux côtés de Staline.

Pendant que Macri (droite conservatrice) gagne les élections municipales à Buenos Aires, d’autres prouvent quotidiennement que vivre différemment est possible.

 

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Mercredi et jeudi, Luce et moi avons passé deux jours avec les membres de RUCA HUENEY(« casa de amigos » dans je ne sais plus quelle langue aborigène argentine). Nous y sommes allées dans le cadre de mon projet de documentaire sur la jeunesse en Argentine et en Bolivie, que j’ai commencé avec Ramiro en février dernier. Je connaissais cette structure depuis l’an dernier, certains d’entre vous en avait certainement entendu parlé car elle m’avait particulièrement marquée… Mais pourquoi donc ?? (SUSPENS – la suite dans… les lignes qui suivent)

 

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MERCREDI

 

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Levées 6heures du matin. Après un bus et deux trains, nous nous arrêtons à une petite station bien rurale avec un panneau complètement de travers et à peine lisible. Nous sommes dans la Province de Buenos Aires, vers Général Rodriguez. Là, nous attend Carlos. Carlos est un homme d’une petite cinquantaine d’année, marié à Zulma, une paraguayenne, et travaillant pour une association Suisse « Mate Cocido » qui finance des projets en Argentine ; il est petit, barbu et très accueillant. Nous voilà donc dans son 4x4 sur une route de terre défoncée (c’est le moins qu’on puisse dire) en direction du « CAMPO » (littéralement le champs, mais dans le cas de RUCA, cela signifie deux choses : une coopérative de travail et un collège agro technique autogéré). 

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Le collège en soi existe depuis trois ans et chaque année, ils rajoutent un niveau. Actuellement les gamins ont entre 11 et 14 ans environ. Ils suivent des « taller de pollo » (ateliers de poulets), « taller des chancho » (ateliers de cochon), « huerta » (potager) et depuis peu de « vaca » (vaches) avec le lait desquelles ils font du fromage. Ils ont également des matières plus classiques (histoire, géo, maths, etc). Le terme « classique » n’est cependant pas vraiment adapté à cette école. En effet, les profs sont des militants de la CTA (Central de Trabajadores Argentinos), qui ne sont pas payés (actuellement, il existe un espoir qu’il le soient à partir de ce mois-ci, après trois ans de lutte) et enseignent donc par pure conviction qu’un autre monde est possible et que l’éducation est le moyen d’y arriver. La méthode d’éducation est celle de l’éducation populaire inspirée de Paulo Freire (je ne m’étendrai pas mais pour ceux que ça intéresse, lisez ses bouquins ou cherchez des infos sur internet, c’est vraiment intéressant).

 

Arrivées au CAMPO, Carlos nous a présentées à tout le monde, tout en nous faisant visiter les lieux : les vaches, la précaire machine à traire, les cochons classés par taille, les poules à œufs, les poussins, les jeunes poulets et les poulets prêts à mourir, les abeilles à miel (cet atelier est optionnel), le potager, la pièce de mise à mort/déplumage et découpage des poulets, l’abri de mise à mort des cochons, la petite cuisine, le four extérieur fait de boue, les salles de classes (une par niveau) et les chambres où vivent trois gamins et un adulte. Après cette rapide visite et armées de la caméra, nous avons commencé le reportage. Rapidement, nous avons été entourée d’une dizaine d’enfants qui nous ont fait visiter de nouveau les lieux. Tout d’abord, nous avons assisté au déplumage et découpage de poulets préalablement tués et dont on avait coupé la tête (cette partie nous a été très pédagogiquement expliquée par Stitch, l’un des enfants, qui nous a mimé l’action, une tête de poulet à la main... bientôt en image !!!). Après cette étape, nous avons logiquement gravi les échelons de la vie du CAMPO et assisté à la mise à mort d’un cochon de 120 kilos (pour l’anecdote pédagogique, au delà de 110 kilos un cochon produit de la graisse, il faut donc essayer de le maintenir à ce poids). Pour ceux qui n’auraient jamais eu l’opportunité d’assister à la mort d’un cochon, je vous confirme que ça crie (comme un cochon qu’on égorge j’ai envie de dire). (Si vous le souhaitez vous pourrez voir nos belles vidéos…). Après avoir hurlé et s’être vidé de son sang, l’animal a à peu près arrêter de bouger (je dis à peu près car les enfants nous ont montré que si on lui touchait  la pate, il bougeait le corps…). On lui a alors coupé la tête (cette partie là, nous n’y avons pas assisté) puis enlevé la peau avec de l’eau brulante et un couteau. Il a ensuite été découpé et les gamins, pieds dans le sang et au son de la cumbia émanant de leurs téléphones portables, se sont mis à jouer avec la tête pendue…

Au-delà de ces scènes funèbres, nous avons assisté à des cours plus tranquilles, sur l’histoire égyptienne et la momification (est-ce réellement moins glauque ?) et nous avons partagé le repas communautaire, au soleil, avec enfants et éducateurs.

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Le bilan de cette journée a été très positif et on a vu que ces enfants sont vraiment heureux. Ils apprennent des choses concrètes et qui leur plaisent (beaucoup nous ont dit qu’ils aimeraient avoir une grande ferme) mais aussi des valeurs communautaires, de vie en groupe, de respect et d’égalité. L’école est leur seconde (voire pour beaucoup leur première) maison, le lieu où se trouve leur famille. Les enfants qui y viennent font partis du groupe des exclus de la société. Certains vivent dans le foyer (dont je parlerai plus tard), sortent de la rue ou ont été placés par le juge ; d’autres vivent dans des familles en situation difficile (nous avons par exemple rencontré 4 frères et sœurs d’une famille de 14 enfants). La communauté devient alors leur repère, leur foyer, leur famille.

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Après cette intense journée au CAMPO, nous sommes allées avec Carlos, Zulma et Laura (une suisse amoureuse d’un argentin rencontré lors d’un stage à RUCA) à Moreno dans un « asentamiento », principalement paraguayen. Nous n’y sommes pas allées pour filmer mais pour que Laura puisse discuter avec une famille pour une étude qu’elle veut faire sur les migrants paraguayens en Argentine et pour voir les avancées d’un centre culturel en construction en partie financé par Mate Cocido. J’y étais déjà allée l’an dernier et j’ai vraiment été impressionnée par les changements !

L’ « asentamiento », c’est en fait des maisons précaires construites sur des terres récupérées (« tierras tomadas »), terres inutilisées. C’est une espèce de grand squatt où les gens comptent rester. La plupart sont des migrants paraguayens ou péruviens.

L’an dernier, les maisons étaient de tôles et les panneaux électriques étaient des petits bouts de bois à hauteur d’homme, la plupart tombés à cause de la tempête. Cette année, les maisons se sont multipliées et la plupart sont faites de briques et de ciment. Les installations électriques sont moins précaires et le centre culturel, dont j’avais vu deux murs, est quasiment terminé. Il a l’allure d’une église : toit triangulaire, fenêtres arrondies avec de vitraux jaunes et vierges à l’intérieur. Les paraguayens sont très cathos, l’influence est plus qu’évidene dans la construction. Ce centre a de multiples fonctions, notamment de campagnes médicales (vaccinations par exemple) et de prévention des addictions (par des ateliers de boulangerie et de théâtre). Les femmes qui ont participé à sa mise en place nous ont expliqué qu’il avait aussi servi de « velatorio » (lieu où l’on veille les morts) pour un jeune garçon de 22 ans, tué par un groupe de jeunes sans raison évidente…

 

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Pour revenir à un sujet moins funèbre, les jeunes paraguayennes nous ont aussi raconter le « cumple de 15 » de l’une d’entre elles, Laura. En Amérique Latine, les filles fêtent leur passage à l’âge adulte le jour de leur quinzième anniversaire. (C’est les « sixteen » de Yankeelandia). Tel un mariage, l’événement se prépare avec un an d’anticipation et la collaboration de tous les proches. Les tâches sont multiples et complexes : trouver un salon (ces fêtes se font rarement à la maison) ; élaborer un menu et éventuellement chercher un traiteur ; choisir une robe (dans l’une des boutiques ou dans un magazine spécialisé ou encore chez une couturière personnelle), des chaussures, une coiffure (et bien souvent un coiffeur), du maquillage (et éventuellement une esthéticienne) ; trouver un DJ ou employer des groupes de musiques en live ; acheter des souvenirs pour tous les invités, éventuels squatteurs et invités absents, etc, etc. Cet événement requiert donc du temps, de l’énergie, du personnel et de l’argent. Laura nous a donc raconté sa fête, à laquelle sont venues 75 personnes à manger et plus de 200 à danser (à la porte de sa maison, entre une espèce de terrasse et les chemins de terre), elle nous a montré sa robe (blanche et ouverte dans le dos, très jolie mais pas forcément adaptée à la saison invernale) et nous a offert des « souvenirs » (comble du kitch : des sirènes en plastique violet pâle et des petites bougies sur tissu rose pâle-brillant. Malheureusement nous les avons oublié chez Zulma, nous aviosn pourtant une photos particulièrement kitch en tête…) . Malgré ce récit un peu ironique, elle avait l’air franchement heureuse de cette journée et pour la première fois depuis deux ans, je me suis dit que cette fête n’est peut être pas si absurde : elle permet aux jeunes filles d’être reines d’un jour et ce souvenir restera gravé toute leur vie dans leur mémoire et celle de leurs proches… De mère en fille, elles vivront cette expérience et se souviendront avec joie (ou nostalgie) de leurs 15 ans… Bon, j’avoue que le côté fric continue de me gêner car c’est une véritable dépense et plus d’une famille se serre la ceinture pour pouvoir offrir ça à leur fille… Mais au final, c’est un cadeau magnifique pour celles qui le veulent, non ??

 

Revenons en à cette journée de mercredi… Au retour de Moreno, nous avons mangé des pizzas et bu du vin avec Carlos, Zulma et leurs deux fils de 13 et 20 ans en parlant de politique, de social et de tous ces thèmes passionnants… Cette belle soirée s’est terminée à… 21 heures ! Heure à laquelle nous sommes allées nous coucher, mortes de fatigue…

 

 

JEUDI

 

Après un petit déjeuner bien artisanal avec Zulma, Carlos nous a emmené dans le champ ou il y a le foyer et l’école primaire de RUCA HUENEY. Là encore, nous avons passé la journée avec les enfants et suivi des cours (plus softs que la veille !!). On a assisté à un cours de sport, un cours de conte et dessins sur le thème de la guerre et de la paix pour les plus petits et un passionnant cours d’histoire pour les plus grands.

 

On a aussi beaucoup parlé avec les éducateurs, avec et sans la caméra. Les discours devant la caméra sont très engagés, militants, prônant l’éducation populaire de Paulo Freire, les droits de la classe ouvrière selon Marx et le communisme non comme une utopie mais comme une réalité ici, à RUCA. Mais les discours hors caméras étaient également très intéressants. Omar, Estela et Maxxie nous ont notamment raconté les débuts de RUCA.

Je ne sais pas trop ce qui est venu au tout début mais ça a commencé à la fin des années 90. L’Argentine est alors au bord de la banqueroute. La situation sociale est catastrophique et les voisins commencent à s’unir pour faire des soupes populaires le soir afin que chacun puisse manger. S’élève aussi une esquisse d’école pour enfants et adultes afin de diffuser l’éducation à laquelle beaucoup n’ont pas accès.

En 1999, commence la lutte pour la récupération du terrain où se trouvent actuellement le foyer et l’école primaire. Un groupe de militants (dont Omar, Estela et Maxxie alors âgé de 14 ans), squattait le terrain (avec des tentes et les fameuses soupes populaires). Ils faisaient partis de la classe des travailleurs en situation précaire. Le terrain appartenait initialement à une fondation qui avait fait deux prêts consécutifs à la banque (Banco Patagonia) et qui s’était tirée avec le fric. Hypothéqué, le terrain est donc devenu propriété de la banque. Il fut mis aux enchères. Les militants, vivant de fait sur le terrain se sont alors battus pour le garder ou l’acheter. Ils faisaient pression (« si vous achetez le terrain, vous nous achetez aussi ! »). Les enchères ont été reportées trois fois. A la troisième, il n’y avait pas de seuil, c’est à dire que le terrain pouvait être vendu à 1 peso mais tout était fait pour que les militants/squatteurs ne l’obtiennent pas. Ceux-ci, toujours plus nombreux, continuaient la pression dans la salle des enchères, entourée de hordes de CRS. Une autre organisation qui avait eu vent de l’affaire et sans prévenir est alors venu en renfort avec des marionnettes (ou poupée) géantes pour interrompre les enchères. Suite à cela, le juge a décidé d’arrêter les enchères et de ne pas les reconduire.

Légalement, le terrain est toujours propriété de la banque mais, de fait, il est celui des habitants de RUCA, des enfants, des éducateurs. Avec le temps, des bâtiments ont été construits et s’est mis à fonctionner le foyer où vivent plus de 40 enfants et l’école primaire où sont inscrits une soixantaine d’enfants. L’école, comme celle du CAMPO sont reconnus par l’Etat bien que les enseignants ne soient pas payés (ceux de l’école primaire le sont depuis le mois dernier, tout espoir est permis)…

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Après avoir passé la matinée et une partie de l’après-midi à l’école et au foyer, Estela nous a emmenées voir l’école pour adultes qui fonctionne toutes les après-midi dans la pièce historique de RUCA, dans le quartier (précaire) de l’autre côté de la route (le foyer et l’école sont dans un champs relativement isolés, dans un quartier de résidences secondaires). Nous avons aussi été accompagnées de Luis, que Luce  compare à l’image de Gavroche de Victor Hugo : L’enfant typique qui s’est rendu compte que le monde des adultes était chiant. Il avançait, un bâton à la main, avec son pantalon troué et son énorme sweat (avec des images de garçon dans différentes activités quotidiennes et l’inscription « life of a boy ») qui avait du appartenir à de nombreux frères et cousins auparavant. Il ne parlait pas, à quoi bon se fatiguer à parler avec les grandes personnes ? Mais ces yeux brillaient d’intelligence. A peine arrivés à l’école, il s’est mis devant de mur tagué qu’on filmait, dans une pose totalement photogénique et toujours sans un mot… Plus tard, lorsqu’on attendait le train, il s’asseyait sur le bord des rails… A la fois innocent et provocateur… Un véritable enfant de roman…

 

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Cet article est long et dense mais il résume à peu près cette expérience intense que nous avons vécu pendant deux jours. Les gens que nous avons rencontré sont admirables, il ne s’agit pas d’intellectuels de café prônant le marxisme mais de travailleurs convaincus que, organisés et ensemble, tout est possible !

Et oui, chers amis, le socialisme vit !

 

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Par flora
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Vendredi 24 juin 2011 5 24 /06 /Juin /2011 23:12

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Par flora
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Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 05:10

Le contexte

Aline est actuellement en stage à La Serena, une petite ville sur la côte chilienne.

Luce fait actuellement le tour du monde, d’où sa venue sur Buenos Aires en mai et son actuel baroudage à travers les Andes… A ce moment de l’histoire, le hasard des choses ou un sens profond de l’organisation l’avait mené à Mendoza, à la frontière du Chili.

Moi, à Buenos Aires, en weekend long (lundi est férié, c’est le « dia de la bandera»-oui, il y a un jour du drapeau en Argentine ).

Trois copines donc, relativement proches géographiquement. Et la décision de se retrouver à un point plus au moins central en restant intéressant : Santiago du Chili, ou Valparaiso (avec une préférence certaine pour Valparaiso)

Me voilà donc vendredi, 17h, après une journée de travail, dans un bus, prête à y passer 24 heures pour retrouver les filles au Chili et avoir un tampon de plus sur mon passeport… Buenos Aires défile sous mes yeux et je tombe rapidement dans les bras de Morphée (petite dédicace à Leila).

 

Chapitre 1 :

« Migraciones »

Samedi, je me réveille difficilement. Je suis toujours dans le bus et la pluie m’empêche de profiter pleinement du paysage. Je suis au milieu de la cordillère des Andes recouverte d’une (très) fine couche de neige. Le bus entreprend une longue montée, qui nous mène au haut du col : la frontière. Passeports en main, tout le monde descend. Il y a trois étapes, que le Stewart du bus nous explique au micro (ambiance club med garantie) : le poste « sortie de l’Argentine », le poste « Entrée au Chili » et le poste « Révision des sacs avec des hommes armés et des chiens ». Mais moi, j’ai droit à une quatrième étape. Celle où l’on n’est plus considérée comme une personne mais comme un bout de papier.

Précision : j’ai dépassé la durée de mon visa de trois mois en Argentine d’une dizaine de jours ; je suis donc psychologiquement préparée et financièrement munie de 300 pesos (le prix de l’amende). Le petit Stewart du bus vient me chercher dans la file du poste « sortie d’Argentine » ainsi qu’une autre femme, la quarantaine. Il nous mène à un guichet où une grande femme à frange blonde regarde minutieusement mon passeport  avec des mimiques mêlant sournoisie, dédain et plaisir sadique. Brutalement et sans un regard, elle m’adresse la parole « Porque no te radicas en Argentina ? » (Pourquoi ne vis tu pas - sous entendu légalement - en Argentine ?). J’essaie de balbutier le plus sûre de moi possible que je suis rentrée longtemps dans mon pays, que je vais régulariser ma situation. Mon petit air de petite innocente au bord des larmes ne l’a pas émue une seule seconde, elle m’a regardé fixement et a buglé « Tu rentres et tu sors du pays depuis 2009, tu crois qu’on va te donner un visa de trois mois indéfiniment ? Tu pourras rentrer une fois de plus en Argentine, et après terminé ; compris ? ». Je récupère mon passeport en essayant tant bien que mal de retenir mes larmes de rage pendant que la grande femme blonde à frange commence à crier sur la pauvre dame derrière moi.

J’ai évidemment eu une grande pensée pour tous les migrants du monde et j’ai écris de nombreuses lignes sur le sujet sur un cahier mais je vous épargnerai mes considérations philosophiques sur le monde actuel où marchandises et devises s’échangent de plus en plus librement pendant que l’on restreint chaque jour plus la liberté et les déplacements des êtres humains… (Résumé condensé de mes longues considérations haineuses).

 

Chapitre 2 :

Arrivée, Jacky, Pisco

Finalement, après la douane et avec trois heures de retard, j’arrive à la gare de Santiago où m’attendent Aline et Luce. Un véritable bonheur de les retrouver. 6 mois sans voir Aline, c’est quand même un record du monde dur à exécuter…

On décide de partir directement pour Valparaiso parce que tout le monde nous a dit que ça valait plus le coup que Santiago, nous voilà donc de retour dans le bus ; beaucoup plus sympa à trois quand même !

Il pleut des cordes et on arrive finalement dans cette petite ville portuaire. Avec le super guide alinesque, on recherche désespérément un hostel, la nuit tombe et un français vient nous voir. Il a la trentaine avancée, il est très grand (peut être plus que la blonde à frange), l’air sportif et surtout pommé. Il cherche un hostel aussi, ne parle pas un mot d’espagnol et arrive de « Corée du Sud et de l’île Maurice ». Normal. On apprend par la suite que sa copine travaille à Air France et qu’il voyage à l’autre bout du monde pour trois ou quatre jours et surtout en payant seulement les taxes d’aéroport. Très bien. On trouve finalement un hostel, appelé « La bicyclette » et tenu par un français. Le français a également la trentaine avancée, voir la quarantaine avancée (je suis un peu nulle en « devine quel âge j’ai ? »), il parle beaucoup et fait beaucoup de mouvements avec son corps lorsqu’il donne des explications ; il donne un peu l’impression de se tortiller tel un ver souhaitant sortir d’un cocon. Toujours est il  qu’on loue un véritable petit appart pour 25000 pesos chiliens, qu’on partage avec le français, qu’Aline surnommera « le niais » pendant que je préfère un bon « Jacky » traditionnel. Il y a une mezzanine où on dort toutes les trois, Jacky est en bas et on partage cuisine et pseudo salle de bain sans eau chaude (à quand l’eau chaude en Amérique Latine ??? Ca doit faire un mois que j’ai pas eu une douche – hors avec des sceaux - chaude).

Le premier soir, on décide de sortir balader jusqu’à se qu’on trouve un resto bar à lumière vert tamisé avec une fantastique fresque chronologique de joueurs de foot, un mec qui fait des caricatures et nous les offrent (il doit chercher son talent, vu le résultat) et un chanteur qui vient piailler dans un micro. Pendant ce temps, on commande des « pisco sour », des plats de poisson, du vin et on refait littéralement le monde (la politique, l’immigration, l’environnement,… tout y passe). On rentre finalement continuer à boire tranquillement dans l’appartement et on a d’ailleurs des discussions sur les appartements (« non mais LUUUUUUUce » - on est un peu joyeuses, certes).

 

Chapitre 3 :

Valparaiso, la ville « cool »

Le dimanche est bien sûr consacré à la visite de la ville qui se prête, malgré le mauvais temps, à la déambulation. Le Lonely Planet disait que Valparaiso réveille le photographe qui est en nous. Effectivement, c’est quand même sur de rater une photo. La ville est un véritable musée en plein air. Sur les petites collines où elle est construite, se mêlent maisons de bois et de tôles et maisons aux milles couleurs, avec peintures et poésie sur les murs… Il y en a pour tous les goûts, de l’hommage à Pablo Neruda à la nostalgie d’Allende en passant par une passion pour les oiseaux ou les vélos… La sensation de se balader dans la ville est étrange ; c’est à la fois magnifique et « trop ». « Trop cool pour moi » a dit Luce. Effectivement les maisons rivalisent de détails parfois saugrenus et virant souvent au kitsh déclaré patrimoine mondial de l’UNESCO. Très bobo, on rencontre d’ailleurs plein de français et on imagine que c’est une ville que les parisiens artisto-bobos doivent adorer… Ca n’empêche pas que se perdre une journée dans ses hauteurs et fort agréable. C’est comme être dans un roman, dans une intemporalité. Le temps s’emble s’arrêter, il n’y a pas de bruit, peu d’activité humaine. Par contre, le bas de la ville, c’est le retour à la réalité : vendeurs ambulants, voitures et bus, gens pressés, chiens errants,… On sort du rêve, c’est l’heure de se lever les enfants !

Le dimanche passe finalement rapidement et arrive lundi…

 

Chapitre 4 :

« Comment vivre pleinement les transports en commun ? »

Malheureusement le court weekend se termine et il est l’heure de quitter le boboïsme et surtout les copines… Me voilà donc, à 6H45 en route pour la gare routière sous la pluie battante. Mon bus est a 7H45 et est censé arrivé à Buenos Aires mardi matin, afin d’être fraiche pour aller au travail (avec certainement un mélange d’odeurs de bus et de bâillements chroniques…)

J’arrive donc à la gare et j’entends des gens discuter ; ils viennent tous les matins depuis trois jours mais la frontière est fermée pour conditions climatiques… On est donc tous dans un suspens total : va t’on partir ?? La pluie coule à flot, la gare est une véritable fourmilière de voyageurs, chiens errants et fous (l’un a quand même fait une démonstration assez mythique de paranoïa de type : je jette des regards furtifs à droite puis à gauche et je me décide à me précipiter sur un téléphone public où je fais semblant de parler à quelqu’un sans arrêter mes regards furtifs). Finalement, on nous annonce qu’on ne partira pas. Peut être demain. Je suis un peu désemparée, j’essaie d’appeler Aline et Luce mais ça ne marche pas. Je décide donc de rentrer à l’appart et je me rends  compte que je ne connais pas le nom de la rue… Tant pis, y a pas 36 000 routes, je prend donc un bus qui semble aller tout droit. Evidement, c’est pas drôle quand c’est trop facile. Je descend donc croyant être prêt de chez moi, je me perds, essaie de demander ma route, me perd encore plus, il pleut des trombes ; je monte des centaines de marches (bon peut être une seule centaine, mais il faut quand même marseilliser ce blog), je me retrouve dans des endroits totalement inconnus – moi qui pensait qu’on avait parcouru Valparaiso – et la pluie tombe toujours sans pitié ; mes pieds sont trempés et j’ai de la buée sur les lunettes… Finalement, désespérée, j’arrive à l’appart’ par un complet hasard de la nature (god exist !). Thé et deuxième petit dej s’imposent… Me voilà donc en train d’évaluer toutes les possibilités de retour (attendre demain et voir ce qu’il se passe, prendre un avion, etc.) ; j’opte finalement pour un avion qui me coute les yeux de la tête et qui part de Santiago.

S’ensuit un mélange de divers transports en commun :

-       bus jusqu’à la gare routière

-       bus avec luce jusqu’à Santiago

-       bus jusqu’à l’aéroport

(petite pause)

-       avion Santiago - Montevideo (cherchez l’erreur : passer par l’Uruguay pour aller en Argentine depuis le Chili)

-       avion Montevideo - Buenos Aires

-       taxi aérport – la maison

… et de quelques faits :

-       une dépense non négligeable

-       une contribution à la pollution mondiale fort importante

Mais surtout… :

-       Un grand bonheur d’avoir retrouvé Aline et Luce et d’avoir partagé ce moment

-       Des souvenirs plein la tête

-       Les pieds enfin secs et un moment pour écrire au calme depuis ma chambre, avec Pancho à mes côtés (à défaut de Ramiro qui fait un TP chez un collègue de classe)

 

 

(PHOTOS A VENIR)

Par flora
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Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 06:01

Jeudi. Jeudi a toujours été un jour bâtard. La motivation du début de la semaine s’essouffle et vendredi n’est pas encore arrivé pour se dire « ça y est ; c’est le weekend ». Non, jeudi est au milieu, un entre deux. Mais jeudi peut être une belle journée, après tout chaque jour devrait avoir son jour de gloire (d’accord, j’arrête là mes jeux de mots et mes considération philosophiques sur les jours de la semaine).

Aujourd’hui (jeudi donc, au cas où cela ai pu vous échapper), j’ai pris mon premier cours de montage vidéo à domicile. Ca y est je suis donc une monteuse accomplie, je sais mettre des vidéos d’un mec (mon prof en l’occurrence) qui compte jusqu’à 10 et je peux mettre une petite musique derrière et même des petits numéros qui apparaissent quand il parle. Oui, je suis devenue une artiste, bientôt je monterai les films de Woody Allen…

Puis, non sans avoir préalablement rempli quelques « planillas de caja » comptables, j’ai participé au projet de VSF de la « Revista ». L’objectif est d’écrire une revue sur les projets sociaux de VSF et d’autres nouvelles sociales, avec des jeunes de 15 à 22 ans venant de « villas miserias ». Cette année le projet a pris une nouvelle tournure, nous avons gagné un concours pour le financer et on le mène à bien avec une autre asso. Les jeunes ont des cours de graphisme, de photo et de narration (je suis officiellement prof de narration en journalisme, normal). Actuellement, 8 jeunes participent au projet et le jeudi, il y en a trois qui viennent, je vous laisse donc lire leurs petits textes sur la discrimination ou sur Ricky Martin, si beau mais si gai (NB : je répète les paroles des jeunes, rien de plus !)/ enfin, jugez par vous même si votre espagnol vous le permet : http://periodistasvoluntarios2011.blogspot.com/


Que dire de plus sur ma vie ? Je revois mon blog et mes voyages interminables… Je me dis, hum hum… quelle envie de soleil et de voyages ! Il y a peu nous sommes allés à Mendoza avec Ramiro.

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15 petites heures de bus (rien !) pour arriver à Mendoza capitale, mais zéro envie de rester en ville, alors nous voilà partis pour Potrerillos (trop sexy le nom !). On prend donc un bus local et on arrive sur un lac où des gens mangent des asados (barbec) au-dessus de leurs voitures. Oui, c’est un jour férié argentin, c’est à dire matés, viande et air frais mais pas trop quand même. A part  ce lac (glacé) et ses argentins en mode « jour férié » ; pas grand chose à faire dans le bled en question. Un petit supermarché et un truc de sports de montagnes, quelques hôtels vides. On décide de camper. (NB : juin en Argentine, début de l’hiver. Mendoza est une région montagneuse, oui c’est quand même la région de l’ACONCAGUA !!). Donc bref, nous voilà partis pour camper au bord du lac avec nos sacs de couchage qui s’unissent, sont petits, légers… parfaits s’il fait 25 degrés la nuit quoi ! Evidemment, nous ne nous sommes pas encombrés de tapis de sol, ni même de lampe de poche (à quoi bon ?). Nous voilà donc à 19H en pleine nuit noire avec un pauvre petit feu qui nous a duré si peu… Bon heureusement que Mendoza c’est quand même (aussi !) la région des vins ; ça réchauffe toujours  un peu avant de passer un nuit à congeler gaiement au bord d’un lac du trou du cul du monde en plein hiver…

 

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Le lendemain, encore frisqounets de la nuit, nous décidons de partir à l’aventure aux alentours du village. On a raté l’unique bus de la journée malgré notre courte nuit… On décide donc de tendre le pouce. Avec une voiture toutes les 10 minutes c’est pas facile…

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Mais finalement, un ptit gars du coin nou prend et nous voilà à l’arrière d’une camionnette tressautante. Il décide de nous emmener à un camping/hostel. Pas de chance l’hostel est fermé et il est hors de question de camper…

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Nous voilà donc de nouveau au bord de la route avec nos gros sacs au milieu d’un village plus perdu que tous les villages de France commençant par « saint ». On décide de marcher un peu en suivant une carte que nous avons et qui indique des chemins. On se fait alors un très bon pote, Willy’s. Il est adorable et nous suit partout.

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Oui, c’est un chien ; seul habitant de ces contrées. On arrive dans un endroit paradisiaque sous un sol pleureur au bord d’une rivière.

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Comble de l’ironie, il y a une seule maison (avec trois énormes chiens qui terrorisent notre Willy’s) et cette maison dit « vendo sandwiches ». On sonne donc, la femme a pas vraiment l’air de se rappeler qu’elle vend des sandwiche mais quand elle se souviens, elle nous en prépare un avec du pain et du jambon maison comme chez nous !!! Puis on continue gaiement notre route, qui n’a pas l’air de vouloir terminer. Pourtant sur la carte « Vallecitos » devrait être si près. Chemin de terre, pas âme qui vive (a part Willy’s) et encore moins de voiture… Finalement une passe, il s’agit d’un couple franco-salvadorien vivant en Argentine (plus rien ne m’étonne) ; ils ont du être envoyés du ciel. Je m’en veux toujours d’avoir laissé Willy’s, mais bon qui pouvais-je ?? ah, c’est si facile de se déresponsabiliser… son regard disait « pourquoi ?? »…

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Sans ce cher couple, nous serions peut être encore en chemin pour Vallecitos qui s’est avéré être une station de ski désertique à 3000 mètres d’altitude qui n’ouvre plus depuis 2008. La seule personne humaine de cet endroit est un gars d’un soixantaine d’année qui « maintient avec son fils » mais qu’il est actuellement seul accompagné d’un énorme Saint Bernard poilu. On boit une bière et nous voilà redescendu dans un long long trajet avec le couple, s’avérant de fort bonne compagnie. On décide finalement de retourner à Potrerillos. De là, on prend un bus pour Upsallata et on fait connaissance de deux profs de coiffure. Ô quelle surprise ! Upsallata est une ville ! Dans laquelle on cherche désespérément un hostel pas trop cher mais ils on tous décidé de mettre de la lumière mais de pas répondre à nos sonneries et toqueries répétées… On se voit donc obligés de prendre une chambre dans un ptit hôtel à 150 pesos la nuit. Mais on a le droit à une bonne douche chaud, des pates/sauce tomate cuisinées sur notre petites gasinière (parce que bon, quand même faut garder le côté hippie !!) et un petit dej (sommaire) le lendemain matin. Un lendemain où l’on se lève tôt pour aller au PARC NATIONAL DE L’ACONCAGUA.

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On arrive avec nos gros sacs ; le centre des visiteurs n’est même pas encore ouvert ; nous sommes seuls. Finalement on voit apparaître des filles à l’intérieur et on négocie durement de laisser nos sacs (« c’est interdit, si y a un problème ce sera pas notre faute ». euh, attend. On est seuls dans le parc, non ??) ; Bref, nous commençons donc la balade pépère pour voir l’Aconcagua, bon ben c’est une montagne quoi. Ca vaut pô le chapeau de gendarme merde ! Après une micro balade et quelques photos, nous voilà ON THE ROAD AGAIN, direction Mendoza city. Et arrivés à Mendoza, on décide de faire un voyage plus bobo qu’hippie et on loue un super Corsa trois portes grise flambante neuf et nous voilà rapidement perdus sur l’autoroute bordant les quartiers défavorisés de Mendoza… Mais on retrouve finalement le chemin et nous voilà, la nuit tombante, sur la route du vin au sud de la ville. On va d’un trait jusqu’à San Carlos où on aurait aimé pouvoir mangé… Mais c’est un micro-village. Il est vendredi soir, la seule trace de vie se trouve sur la place « centrale » où un local sert de pâtisserie/bar/resto. Ca ne nous convainc pas trop et on fait marche arrière jusqu’à retourner à Tunuyan, un village un peu plus ville où on mange une énorme parrilla dans un resto avant de dormir dans la voiture (la Corsa est une chambre parfaite). Au petit matin ; nous partons sur les routes… on passe par un ptit bled où San Martin s’est assit sur le « manzano historico » (le pommier historique), on s’attend donc à un arbre massif, portant les années de l’histoire…

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Non il s’agit d’un pauvre pommier pelé qui doit avoir 10 ans maximum (cherchez l’erreur)… mais le lieu est cependant magique, avec des petites rivières, les montagnes au fonc et la tranquillité si loin de la métropole… On continue notre route dans l’optique de visiter quelques « bodegas » de vins, mais la plupart sont fermées, on en fait quand même deux. Puis, on va à Tupungato, un autre ptit village du coin. Rien à voir, rien à faire mais les alentours sont toujours aussi beaux avec des saules pleureurs partout…

Nous voilà ensuite de retour à Mendoza, on marche sur les places de la ville ; ça semble très joli, plein de lieux naturels et bonne ambiance. Petite bière et petite pizza et en route pour Buenos Aires moyennant quelques heures de bus… Un voyage mémorable, une bouffée d’air frais pour fuir la ville et la routine

 


Par flora
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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 03:18

Je décide aujourd’hui de recommencer à écrire un blog. Les raisons sont diverses. Parfois le temps manque pour écrire un mail ou envoyer des photos à tout le monde. RAISON BASIQUE. Parce que Luce m’a donné envie d’écrire. RAISON INFLUENCE. Ensuite parce que je ressens le besoin d’écrire, de partager. RAISON THERAPIE.

 

Ma situation a changé depuis mes premiers pas de bloggeuse. L’an dernier, je partais à l’aventure, en échange universitaire et stage à l’autre bout du monde. La découverte. Aujourd’hui c’est différent. Le pays je le connais, la langue je la parle, je connais le fonctionnement des gens, des lieux, des choses. Moins funky donc. Je suis aussi dans une période de transition (j’ai prévenu, le blog servira aussi de thérapie !).

Oui, cela fait plus de 20 ans que je vais à l’école tous les matins sauf les weekend et que j’ai des grandes vacances d’été en aout/septembre. Maintenant, l’été je le rate tout le temps, je me retrouve coincée dans les hivers de chaque continent… Et je ne me lève plus pour aller à l’école mais pour aller travailler. Et puis en septembre, je suis « diplômée », le truc trop classe, qu’on attend depuis des années. Sauf que maintenant on joue dans la cours des grands. Finies les longues vacances d’été et les possibilités de rater un cours si vraiment on peut pas se lever un matin après une soirée un peu trop arrosée. Bon ça, y a toujours un moyen subtil de continuer de le faire. Mais le pire est cette question que tout le monde te pose. Cette question qui te hante la nuit, cette question dont chacun juge la réponse, la commente. La fameuse… « Et que vas tu faire après ? ». J’ai essayé d’esquiver, de donner les réponses qu’on attend tout en restant vague (« chercher du travail ») ou encore de dire la vérité. Mais généralement la vérité (étant « essayer de vivre heureuse et de saisir les opportunités ») est sujette à de très (trop) nombreux commentaires.

Bref, j’écris beaucoup pour dire peu. Ce blog n’est donc pas celui d’une voyageuse partant à l’autre bout du monde mais d’une future diplômée entrant dans la vie active avec ses doutes, ses appréhensions et ses choix. Le choix actuel est donc de vivre un certains temps en Argentine. Pas un choix facile, je précise pour ceux qui penserait « génial, trop de la chance », pas un choix irréfléchi pour ceux qui penseraient « mais quand elle va revenir en France elle aura rien, et elle va rien gagner, et bli bla blou bleuh ». Un choix.

 

Ce blog permettra de donner une visibilité à ce que je fais, par l’écrit et l’image et de rester en contact avec toutes les personnes que j’aime et que j’ai laissé en France. Des personnes à qui je pense au quotidien et que je mettrais bien dans ma valise ; mais malheureusement, avec un poids max de 23 kg, c’est pas facile….

 

Cela fait maintenant trois mois que je suis à Buenos Aires. Dans quelques jours je serai illégale sur le territoire. Mais heureusement l’Argentine est plus humaine que la France sur ce point et je ne serais jamais renvoyée dans un charter…

Avant Buenos Aires, nous sommes allés en Bolivie avec Ramiro pour faire un documentaire sur les enfants des rue… Un voyage qu’il serait bien trop long de raconter ici, une belle expérience…

Puis depuis trois mois, le stage (… de la compta, qui l’eut cru ??? Flora se met à faire des bilans !!! je précise, c’est très chiant) mais je suis quand même contente d’apprendre la compta et le travail du cabinet de conseil où je travaille est très intéressant. Tous les clients viennent du « troisième secteur » (PES EN FORCE !!!) et l’ambiance de travail est plutôt tranquille. J’ai quand même fait une séance de méditation guidée avec le comptable un vendredi matin. Normal. Et puis je suis sur le site web de la structure où je bosse dans « nuestro staff » et ça, c’est la classe internationale (bon ok la classe a Buenos aires dans le secteur associatif qui va sur le site web…) bref, je met quand même le lien… http://www.asociactivaweb.com.ar/

Puis, le point très positif de mon travail est qu’il me permet de continuer de participer à différents projets de VSF : Je continue d’aller à la Villa de Soldati (un quartier très défavorisé de la ville), et on est en train de donner une nouvelle couleur à l’atelier qu’on fait, on introduit une dimension « théâtre » et je pense que ça va être assez génial. Je continue aussi le projet de « revue » qu’on écrit avec des ados venant de plusieurs quartiers… Plus je vais là bas, plus je me dis que c’est difficile mais plus je me dis aussi que j’adore ça. Je suis donc en train de trouver ma voie dans l’éducation populaire/le secteur social que j’aimerais lier à ma passion argentine pour le théâtre (je fais actuellement du théâtre et du clown et j’adore). Je m’inscris donc l’année prochaine en master 1 à distance « sciences de l’éducation » (s’ils m’acceptent) et je pense sérieusement à commencer à étudier le « profesorado de teatro » pour être prof de théâtre, mais ça, c’est encore qu’un idée (svp sans commentaires moralisateurs)

Depuis un mois et demi, je vis dans une maison avec Ramiro et Rebecca ; puis Luce jusqu’à aujourd’hui. Trouver cette maison a été un long et pénible cheminement mais après un mois de visites acharnées, de stress et de medialunas chez les parents de Ramiro, nous avons ENFIN trouvé LA casa. Elle est juste parfaite, si on enlève le fait que la chasse d’eau ne marche pas, qu’il y a de l’eau chaude une fois sur deux et qu’on a une fuite toutes les semaines… Elle est construite autour d’un petit patio à toit ouvrant. Autour du patio, un grand salon (avec un magnifique feu à faux bois fonctionnant au gaz… un brin kitsh), la chambre de Rebecca (en mode mur/grotte ; le crépis laisse à désirer), la salle de bain (no comment) et une immense cuisine avec un sol parfait où on voit pas quand c’est sale. Le frigo a par contre été relégué dans le patio  car il ne rentrait pas par la porte. Et puis en haut ; le must du must : la terrasse avec Parrilla (barbec) et nouvellement des plantes, des fleurs et un citronnier (qui meurent de froid, les pauvres). Et puis notre chambre, avec une petite dépendance et un toilette/lavabo. Peu de meuble mais on a bien sur mis un ganesh au mur et un buddha en bois (par terre vu le manque de meubles). quelques photos:

 

Le patio

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Le salon

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  La cuisine

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La terrasse avec le chien en garde alternée

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Les toits

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Le quartier, c’est comme un petit village. Pas mal de vieux, tout tranquille, mais avec des commerces de tout partout : les fameux « chino » (petits supermarchés tenus par la communauté asiatique), les kiosco (empire des sucreries, cigarrettes et autres « boludeces »), les carnicerias/verdulerias, etc. Puis nous avons les grossistes du cuir et de l’entreprise de la chaussure. On peut donc acheter des talons rouge sans la chaussure ou des bouts de cuir pour tapisser les murs. Etrange mais plutôt cool. Le centre du quartier est assez dynamique au niveau bar, théâtre, culture, resto. Juste parfait.

 

Après une période difficile de rechercher d’appart/squat chez beaux parents/sentiment de solitude ; je me retrouve donc dans une belle petite maison, située dans un quartier fort sympathique et je recommence à découvrir la ville. Buenos Aires vaut la peine d’y rester, de la connaître, de la découvrir. C’est une ville qu’on adore et qu’on hait. On la hait quand on doit prendre le bus une heure tous les matins, quand le métro fait un bruit à casser les thympans, mais on l’adore quand on se retrouve dans un petit théâtre alternatif à boire une bière devant un spectacle époustouflant mélangeant théâtre, clown, cirque en tout genre (trapèze, tela, jonglage, acrobaties), musique en live, etc… tout cela pour la modique somme de 25 pesos (change à un euro 6 peso) un vendredi soir à minuit… Qu’on adore parce que la culture et l’art viennent du peuple, sont accessibles. Parce qu’il n’y a pas d’âge pour étudier, pas d’âge pour commencer une nouvelle activité. L’âge est à l’envie.

 

Je m’emballe un peu et l’article que je viens d’écrire est long et peu organisé mais c’est l’état de mon esprit aujourd’hui… Je vais donc conclure ici mes propos…

 

 

 

 

 

 

Par flora
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