Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 06:01

Jeudi. Jeudi a toujours été un jour bâtard. La motivation du début de la semaine s’essouffle et vendredi n’est pas encore arrivé pour se dire « ça y est ; c’est le weekend ». Non, jeudi est au milieu, un entre deux. Mais jeudi peut être une belle journée, après tout chaque jour devrait avoir son jour de gloire (d’accord, j’arrête là mes jeux de mots et mes considération philosophiques sur les jours de la semaine).

Aujourd’hui (jeudi donc, au cas où cela ai pu vous échapper), j’ai pris mon premier cours de montage vidéo à domicile. Ca y est je suis donc une monteuse accomplie, je sais mettre des vidéos d’un mec (mon prof en l’occurrence) qui compte jusqu’à 10 et je peux mettre une petite musique derrière et même des petits numéros qui apparaissent quand il parle. Oui, je suis devenue une artiste, bientôt je monterai les films de Woody Allen…

Puis, non sans avoir préalablement rempli quelques « planillas de caja » comptables, j’ai participé au projet de VSF de la « Revista ». L’objectif est d’écrire une revue sur les projets sociaux de VSF et d’autres nouvelles sociales, avec des jeunes de 15 à 22 ans venant de « villas miserias ». Cette année le projet a pris une nouvelle tournure, nous avons gagné un concours pour le financer et on le mène à bien avec une autre asso. Les jeunes ont des cours de graphisme, de photo et de narration (je suis officiellement prof de narration en journalisme, normal). Actuellement, 8 jeunes participent au projet et le jeudi, il y en a trois qui viennent, je vous laisse donc lire leurs petits textes sur la discrimination ou sur Ricky Martin, si beau mais si gai (NB : je répète les paroles des jeunes, rien de plus !)/ enfin, jugez par vous même si votre espagnol vous le permet : http://periodistasvoluntarios2011.blogspot.com/


Que dire de plus sur ma vie ? Je revois mon blog et mes voyages interminables… Je me dis, hum hum… quelle envie de soleil et de voyages ! Il y a peu nous sommes allés à Mendoza avec Ramiro.

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15 petites heures de bus (rien !) pour arriver à Mendoza capitale, mais zéro envie de rester en ville, alors nous voilà partis pour Potrerillos (trop sexy le nom !). On prend donc un bus local et on arrive sur un lac où des gens mangent des asados (barbec) au-dessus de leurs voitures. Oui, c’est un jour férié argentin, c’est à dire matés, viande et air frais mais pas trop quand même. A part  ce lac (glacé) et ses argentins en mode « jour férié » ; pas grand chose à faire dans le bled en question. Un petit supermarché et un truc de sports de montagnes, quelques hôtels vides. On décide de camper. (NB : juin en Argentine, début de l’hiver. Mendoza est une région montagneuse, oui c’est quand même la région de l’ACONCAGUA !!). Donc bref, nous voilà partis pour camper au bord du lac avec nos sacs de couchage qui s’unissent, sont petits, légers… parfaits s’il fait 25 degrés la nuit quoi ! Evidemment, nous ne nous sommes pas encombrés de tapis de sol, ni même de lampe de poche (à quoi bon ?). Nous voilà donc à 19H en pleine nuit noire avec un pauvre petit feu qui nous a duré si peu… Bon heureusement que Mendoza c’est quand même (aussi !) la région des vins ; ça réchauffe toujours  un peu avant de passer un nuit à congeler gaiement au bord d’un lac du trou du cul du monde en plein hiver…

 

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Le lendemain, encore frisqounets de la nuit, nous décidons de partir à l’aventure aux alentours du village. On a raté l’unique bus de la journée malgré notre courte nuit… On décide donc de tendre le pouce. Avec une voiture toutes les 10 minutes c’est pas facile…

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Mais finalement, un ptit gars du coin nou prend et nous voilà à l’arrière d’une camionnette tressautante. Il décide de nous emmener à un camping/hostel. Pas de chance l’hostel est fermé et il est hors de question de camper…

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Nous voilà donc de nouveau au bord de la route avec nos gros sacs au milieu d’un village plus perdu que tous les villages de France commençant par « saint ». On décide de marcher un peu en suivant une carte que nous avons et qui indique des chemins. On se fait alors un très bon pote, Willy’s. Il est adorable et nous suit partout.

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Oui, c’est un chien ; seul habitant de ces contrées. On arrive dans un endroit paradisiaque sous un sol pleureur au bord d’une rivière.

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Comble de l’ironie, il y a une seule maison (avec trois énormes chiens qui terrorisent notre Willy’s) et cette maison dit « vendo sandwiches ». On sonne donc, la femme a pas vraiment l’air de se rappeler qu’elle vend des sandwiche mais quand elle se souviens, elle nous en prépare un avec du pain et du jambon maison comme chez nous !!! Puis on continue gaiement notre route, qui n’a pas l’air de vouloir terminer. Pourtant sur la carte « Vallecitos » devrait être si près. Chemin de terre, pas âme qui vive (a part Willy’s) et encore moins de voiture… Finalement une passe, il s’agit d’un couple franco-salvadorien vivant en Argentine (plus rien ne m’étonne) ; ils ont du être envoyés du ciel. Je m’en veux toujours d’avoir laissé Willy’s, mais bon qui pouvais-je ?? ah, c’est si facile de se déresponsabiliser… son regard disait « pourquoi ?? »…

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Sans ce cher couple, nous serions peut être encore en chemin pour Vallecitos qui s’est avéré être une station de ski désertique à 3000 mètres d’altitude qui n’ouvre plus depuis 2008. La seule personne humaine de cet endroit est un gars d’un soixantaine d’année qui « maintient avec son fils » mais qu’il est actuellement seul accompagné d’un énorme Saint Bernard poilu. On boit une bière et nous voilà redescendu dans un long long trajet avec le couple, s’avérant de fort bonne compagnie. On décide finalement de retourner à Potrerillos. De là, on prend un bus pour Upsallata et on fait connaissance de deux profs de coiffure. Ô quelle surprise ! Upsallata est une ville ! Dans laquelle on cherche désespérément un hostel pas trop cher mais ils on tous décidé de mettre de la lumière mais de pas répondre à nos sonneries et toqueries répétées… On se voit donc obligés de prendre une chambre dans un ptit hôtel à 150 pesos la nuit. Mais on a le droit à une bonne douche chaud, des pates/sauce tomate cuisinées sur notre petites gasinière (parce que bon, quand même faut garder le côté hippie !!) et un petit dej (sommaire) le lendemain matin. Un lendemain où l’on se lève tôt pour aller au PARC NATIONAL DE L’ACONCAGUA.

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On arrive avec nos gros sacs ; le centre des visiteurs n’est même pas encore ouvert ; nous sommes seuls. Finalement on voit apparaître des filles à l’intérieur et on négocie durement de laisser nos sacs (« c’est interdit, si y a un problème ce sera pas notre faute ». euh, attend. On est seuls dans le parc, non ??) ; Bref, nous commençons donc la balade pépère pour voir l’Aconcagua, bon ben c’est une montagne quoi. Ca vaut pô le chapeau de gendarme merde ! Après une micro balade et quelques photos, nous voilà ON THE ROAD AGAIN, direction Mendoza city. Et arrivés à Mendoza, on décide de faire un voyage plus bobo qu’hippie et on loue un super Corsa trois portes grise flambante neuf et nous voilà rapidement perdus sur l’autoroute bordant les quartiers défavorisés de Mendoza… Mais on retrouve finalement le chemin et nous voilà, la nuit tombante, sur la route du vin au sud de la ville. On va d’un trait jusqu’à San Carlos où on aurait aimé pouvoir mangé… Mais c’est un micro-village. Il est vendredi soir, la seule trace de vie se trouve sur la place « centrale » où un local sert de pâtisserie/bar/resto. Ca ne nous convainc pas trop et on fait marche arrière jusqu’à retourner à Tunuyan, un village un peu plus ville où on mange une énorme parrilla dans un resto avant de dormir dans la voiture (la Corsa est une chambre parfaite). Au petit matin ; nous partons sur les routes… on passe par un ptit bled où San Martin s’est assit sur le « manzano historico » (le pommier historique), on s’attend donc à un arbre massif, portant les années de l’histoire…

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Non il s’agit d’un pauvre pommier pelé qui doit avoir 10 ans maximum (cherchez l’erreur)… mais le lieu est cependant magique, avec des petites rivières, les montagnes au fonc et la tranquillité si loin de la métropole… On continue notre route dans l’optique de visiter quelques « bodegas » de vins, mais la plupart sont fermées, on en fait quand même deux. Puis, on va à Tupungato, un autre ptit village du coin. Rien à voir, rien à faire mais les alentours sont toujours aussi beaux avec des saules pleureurs partout…

Nous voilà ensuite de retour à Mendoza, on marche sur les places de la ville ; ça semble très joli, plein de lieux naturels et bonne ambiance. Petite bière et petite pizza et en route pour Buenos Aires moyennant quelques heures de bus… Un voyage mémorable, une bouffée d’air frais pour fuir la ville et la routine

 


Par flora
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